lundi 15 octobre 2012

Dans la critique (Dans la maison)



-          Aïe !
-          Ah ! Tu ne t’y habitueras jamais, à cette entrée. Mais vu comme tu es grand, aussi, ce n’est pas étonnant que tu te cognes à chaque fois la tête en entrant dans ma maison.
-          Aïe… Je vais avoir une belle bosse sur le front… Enfin, heureusement, ça a été bien moins douloureux de rentrer dans le film de la semaine, « Dans la maison ». Bien moins douloureux mais quand même difficile.
-          C’est vrai qu’on a un peu de mal au début à accepter ce que nous propose François Ozon dans ce nouveau film : on ne la trouve pas du tout captivante la prose de cet élève de première, qui termine chacune de ses rédactions par un « à suivre… » amenant son professeur de français à lui demander inlassablement, semaine après semaine, de continuer à écrire… Sans compter que ce que raconte les rédactions de l’étudiant est systématiquement montré au spectateur, et au début on se passerait bien de cette voix-off si illustrative.
-          Mais cette redondance finira par prendre sens… Le film est un jeu qui finit par nous emporter, et on prend alors un grand plaisir à se laisser manipuler par cette histoire dont on oublie l’invraisemblance. Passé le début, l’exploit du réalisateur est de réussir à raconter une histoire de plus en plus troublante et inquiétante sans ne jamais mettre mal à l’aise le spectateur ! Le rythme du film est parfaitement mené. Alors que les liens entre réalité et fiction se resserrent, la mise en scène se fait plus inventive, et offre à Luchini un formidable espace où dérouler son numéro de comédien dont on ne se lassera peut-être jamais.
-          Dommage que le film se termine ainsi ! A force de nous manipuler, le réalisateur semble s’être pris à son propre piège. Il n’arrive plus à terminer son film, préférant balayer une multitude de fins possibles diluant le sens de son film, pour finalement en choisir une aussi invraisemblable que l’amorce du film. Mais cette fois-ci, le spectateur n’aura pas le temps d’y croire…
-          Vraiment regrettable. La baisse de niveau finale remet au premier plan l’artificialité du dispositif développé par le film, qu’on avait alors si plaisamment oublié ! Ce retour était peut-être incontournable, mais aurait dû être adouci… On se rend compte aussi que « Dans la maison » a un fond bien moins original que sa forme, et se fait parfois beaucoup trop démonstratif. De plus, le film est constellé de petites erreurs, de son générique d’introduction à un gag final mal placé.
-          Heureusement, la semaine prochaine nous vous parlerons d’un film complètement différent.
-          Ah, celui-ci j’ai hâte de le voir !
(A suivre…)

On retiendra…
Un dispositif captivant, Fabrice Luchini dans son rôle archétypal, le scénario astucieux et bien construit.

On oubliera…
Un dispositif trop artificiel : on a autant de mal à entrer dans le film qu’à en sortir.

« Dans la maison » de François Ozon, avec Fabrice Luchini, Ernst Umhauer, Kristin Scott Thomas,…

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